mercredi 25 mai 2016

"Full screen" drawings 2008-2012





2009       183 x 207 cm       Charcoal on canvas



2009     View of the studio

2008        183 x 207 cm       Charcoal on canvas

2012- 2016    210 x 250 cm    Charcoal on canvas


2011  "Belle vue" Ileana Tounta contemporary art center


2008   " Charcoal overload"   Ileana Tounta contemporary art center



2012         220 x 270 cm     Charcoal on canvas


2007-2012     220 x 280 cm      Charcoal on canvas
                                                         




                                                       Copyright OSDEETE Athens/  ADAGP  Paris

3 commentaires:

  1. The starting point of my research concentrates on the instability that the human figure inspires me through the expression of a hazy mental state ,made up of fragile, tense and humorous relationships. This state is based on the representation of solitary and deformed figures inhabitants of a world that is not readily recognizable. These figures are subjected to interior or exterior mechanisms which shake about or deform faces and bodies, accompanied by protective and disturbing enigmatic shapes.



    "Dans les dessins de Katerina Christidi nous sommes face à un univers fantomal et onirique où le minéral prend corps ou plutôt prend figure sur un versant grotesque et inquiètent par le fait même que ces figures entretiennent une contiguïté tant au minéral qu à l’humain. C’est cette latence de ce qui est au bord de la pétrification tout en étant comme irrigué par une part d’humanité qui donne l’ambivalence fascinante de ces formes. Le trait, saturé jusqu’au noir dense ou au contraire d’une transparence accentuant un sentiment d’immatérialité, participe de cette ambiguïté des formes qui campent entre hantise et apparition".


    Philippe Cyroulnik pour l’exposition « Incarnations » au « 19 », Centre régional d’art contemporain, octobre 2011.

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  2. The notion of the grotesque, which is latent in the previous work of Katerina Christidi, plays a far more important role in her latest charcoals on canvass. The figures, which are the focus point of the representations, as in classical portraits seen from a frontal or three-quarter point of view, each have a grotesque pop slant to them, inspired by comics: oversize noses or ears, eyes which are proportionally reduced or displaced within the face, a simplified positioning of the arms, and hands which are scantily indicated, or hair which doesn't seem to be actually attached to the head, or tumbles down like a waterfall. This grotesque pop slant within the work positions Christidi as a direct descendent of Alfred Jarry (whose Father Ubu came from adolescent drawings inspired by carnival caricature and literature) and Philip Guston (whose hooded figures reveal the influence of a Robert Crumb style of counter-culture). It is also a change of tack in relation to her previous work on the grotesque as a form of expression which is both a comical and dramatic composite of the bizarre, marked by the examples of Goya or Odilon Redon. These new figures are less dramatic in their composition, their relation to the space of the drawing and their formal definition, and yet in spite of this are not more comical. They preserve the essential dimension of the grotesque, the feeling of instability due to the tension between anxiety or existential discomfort, and the capricious responding laughter which shakes about or deforms the faces and bodies into almost monstrous figures.

    They succeed in preserving this dimension thanks to a surprising balance between the grotesque character of the figures and the pictorial intensity of the drawing. Often immediately visible, the figures are produced, held and maintained in suspense, at the same time, by a succession of vertical charcoal traits. These grey traits avoid, in contrast to previous drawings, any effect of contrast or dramatization, producing a unity of the image, brought about by the fact that the entire surface is covered. The result is a double tension between the grotesque aspect of the figures and an intuitively creative process which is physically constraining, just as between an optical and tactile perception of the figurative and material qualities of the works. If, in the majority of the latest drawings, one is able to rapidly comprehend the figures, the vertical traits which have defined them, also occupy a consequential visual place in the apprehension that one has of the image as a whole. These traits have a material and tangible weight due to their positioning on the canvass which has been prepared with glue. The result is that they are detached from the ground surface, which the viewer can appreciate when he comes close and notices how the surface is like roughly waves breaking and, if he looks on a slant, how there exists an entrenched succession of variations of intense grey within the vertical traits. Instability as the essential dimension of the grotesque is therefore not only produced by the malformed figures but by the very process of creation. It is within this remarkable tension, without a touch of over-dramatization that the real quality of these works abounds. It is what confirms the singularity and the adventurous character of Katerina Christidi's approach. Without conceding anything to the facile character engendering the false alternative opposing grotesque postures synonym of "trash" idiocy to a certain decorative and innocuous normalization of neo-pop, this new series assuredly situates her approach amongst the most interesting in the artistic context today. Tristan Trémeau Art critic, PhD in art history, teaches at Paris 1 Sorbonne University.

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  3. La question du grotesque, latente dans les œuvres antérieures de Katerina Christidi (dessins quotidiens) occupe une place centrale dans ces derniers fusains sur toile. Les figures qui occupent le centre de la représentation tels des portraits classiques vus de face ou de trois-quarts, portent tous les signes d’une veine grotesque pop, inspirée par les bandes dessinées : nez ou oreilles surdimensionnées, yeux proportionnellement réduits ou déplacés dans le visage, gestuelle simple ou des bras et des mains sommairement indiqués, chevelures indépendantes des crânes ou tombant en cascade. Cette vaine grotesque pop, qui situe Christidi dans un héritage d’Alfred Jarry (dont le Père est né de dessins d’adolescents inspirés par la caricature et le carnavalesque) et de Philip Guston (dont les figures cagoulés traduisent une influence de la contre culture à la Robert Crumb) opère un déplacement par rapport à son approche antérieure du grotesque comme expression à la fois comique et dramatique du composite st du bizarre, marquée par les exemples de Goya ou d’Odilon Redon. Moins dramatiques dans leur composition, leur rapport à l’espace du dessin et leur définition formelle, ces nouvelles figures n’en sont pas pour autant plus comiques Elles préservent la dimension essentielle du grotesque, le sentiment d’instabilité né d’une tension entre angoisse ou le malaise existentielle et la réponse capricieuse du rire qui secoue ou déforme les visages et les corps en figures quasi monstrueuses.

    Elles la préservent en raison d’un équilibre étonnant entre le caractère grotesque des figures et l’intensité picturale du dessin. Souvent immédiatement visibles, les figures sont produites, retenues et maintenues en suspens, dans le même temps, par une succession de tracés verticaux au fusain. Ces tracés gris évitent, contrairement aux dessins antérieurs, tout effet de contraste et de dramatisation, au profit d’une unité de l’image qui passe par un investissement total de la surface. Il en résulte une double tension entre l’aspect grotesque des figures et l’intuition d’un processus de création physiquement contraignant, ainsi qu’entre une perception optique et tactile des qualités figuratives et matérielles des œuvres. Si, dans la majorité des derniers dessins, les figures se livrent à l’entendement assez vite, les tracés verticaux qui ont concouru à leur définition occupent aussi une place visuelle conséquente dans l’appréhension que l’on a de l’image dans son ensemble. Ces tracés ont un poids matériel tangible dû à leur apposition sur une toile apprêtée à la colle. Résultat, ils se détachent du support, ce que le regardeur vérifie lorsqu’il s’approche des œuvres pour en apprécier le moutonnement rugueux de surface et, s’il biaise un peu, la succession tranchée de tracés verticaux plus ou moins intenses dans les gris. L’instabilité comme dimension essentielle du grotesque n’est pas seulement produite par les figures difformes mais par le processus même de la création.

    Dans cette remarquable tension sans dramatisation réside la qualité première de ces œuvres qui confirment la singularité et le caractère aventureux de la démarche de Katerina Christidi. Ne cédant rien aux facilités qu’engendre la fausse alternative qu’opposent des postures grotesques synonymes d’idiotie « trash » à une certaine normalisation décorative et anodine du néo-pop, cette nouvelle série installe assurément cette démarche parmi les plus intéressantes dans le contexte artistique actuel.


    Tristan Trémeau
    Critique d’art, docteur en histoire de l’art, enseignant à l’université de Paris 1 Sorbonne

    ¨Pour le catalogue de l’exposition « Charcoal overload »au Centre d’Art Contemporain « Ileana Tounta », Athènes 2008.

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